Les natifs de l’ère numérique misent sur le potentiel des outils numériques

Résultats du chat sur WhatsApp

Les natifs de l’ère numérique sont familiers des possibilités numériques qui existent dans le système de santé. Au niveau personnel, celles-ci doivent être fiables et sûres, sans exercer de pression mentale. Au niveau de la société, elles doivent favoriser l’amélioration du niveau d’information. Les jeunes associent la solidarité au respect et au soutien mutuel.

En complément aux discussions en groupes menées dans toute la Suisse, un chat d’une heure a été réalisé avec des jeunes de 18 à 25 ans sur une messagerie afin de prendre en compte l’optique des «natifs de l’ère numérique». Le but était de se faire une idée de leur perspective sur la transformation numérique du système de santé et sur la solidarité.

S’agissant de la solidarité, les jeunes mettent au premier plan le soutien mutuel (solidarité de comportement): on «s’aide l’un l’autre», «les personnes en bonne santé aident les malades» ou on met ses propres besoins au second plan, écrivent-ils dans le chat. Il s’agit d’un «small sacrifice for a bigger thing». Mais pour eux, solidarité signifie aussi tenir en haute estime le travail du personnel de santé.

«La solidarité est extrêmement importante. Dans le système de santé, la solidarité, c’est s’aider l’un l’autre, jeunes et vieux, et se soutenir mutuellement.»

Stagiaire, 19 ans

Des applis et systèmes en ligne qui apportent un confort utile

Au cours du chat, les jeunes ont souligné que les outils numériques ont amélioré et simplifié de diverses manières la communication avec le personnel de santé et les possibilités d’information. Ils se servent volontiers des solutions numériques et utilisent toutes sortes d’applis de santé. Les préférées sont les podomètres et les applis de sport. Mais les applis des caisses-maladie sont également appréciées. Certains utilisent des outils numériques au quotidien pour soutenir un mode de vie sain, par exemple les applis permettant de contrôler les ingrédients des denrées alimentaires, ou pour suivre leur propre cycle.

En tant qu’utilisateurs de ces applis, les jeunes de 18 à 25 ans attendent cependant encore plus de bénéfice de l’enregistrement des données. Ils souhaitent en particulier plus de transparence et de précision: «J’aimerais pouvoir suivre ma glycémie. C’est déjà possible, mais les données sont souvent encore trop imprécises», écrit l’un des participants dans le chat.

Dans l’esprit de la souveraineté des patients, ils souhaitent aussi que la communication en ligne avec les médecins progresse. Le groupe WhatsApp voudrait que les consultations ne soient pas seulement résumées dans le dossier du patient, mais que les informations soient aussi partagées avec les patientes et patients. Ainsi, on pourrait par la suite consulter les informations et, par exemple, rechercher les termes scientifiques inconnus ou se mettre en quête d’informations plus approfondies.

Il faut apprendre à gérer les informations sur la santé

Les natifs de l’ère numérique voient des chances pour les campagnes de santé numériques et citent l’expérience de la pandémie. Les technologiques numériques permettraient d’adresser ces campagnes plus rapidement, plus largement et en les adaptant mieux aux groupes cibles. Les jeunes gens sont critiques vis-à-vis de la gestion au quotidien d’innombrables informations sur la santé que l’on trouve sur Internet et des fausses informations qui peuvent y être liées, ainsi que de la dépendance croissante envers les technologies numériques.

Partager les données à tout prix?

Ils sont aussi d’avis que collecter et analyser les données de santé de manière structurée contribue largement à améliorer l’information et les connaissances pour tous: «Plus de données = Plus d’analyses = Plus de recherches = Plus de solutions.» Mais ils souhaitent que les acteurs responsables au sein du système de santé les informent en cas de danger d’utilisation abusive des données. De manière générale, une préoccupation essentielle des participants est l’amélioration des connaissances sur les données de santé et la gestion de celles-ci dans la population, ce que l’on appelle «Data Literacy».

Un aspect qui n’a été mentionné, ni par les professionnels de la santé, ni par les citoyennes et citoyens plus âgés, mais uniquement par les jeunes dans le groupe WhatsApp, est l’impact de l’utilisation des outils numériques sur la santé mentale. Concrètement, la question posée est celle de savoir si un suivi permanent de l’état de santé crée une pression mentale, dans la mesure où l’attente d’un comportement normatif sain augmente et des résultats comme une tension artérielle trop élevée ou un nombre de pas insuffisant dans la journée inquiète les gens.

«La mesure électronique permanente peut être problématique pour le psychisme. Cela crée une pression, parce qu’on sait que tout est relevé. Je veux dire, les données personnelles dans les applis de santé.»

Enseignante, 24 ans

Bilan du chat sur WhatsApp

Les perspectives et points de vue des natifs de l’ère numérique ont des recoupements avec ceux des professionnels de la santé et des citoyennes et citoyens plus âgés qui ont été exprimés dans d’autres dialogues. Les sujets essentiels sont, pour les jeunes aussi, le bénéfice que doit apporter la transformation numérique du système de santé et le niveau d’information ou de compétence à gérer les nouvelles possibilités amenées par le numérique.