Ménopause: symptômes et traitement
La ménopause est un processus qui s’accompagne de divers symptômes. L’intensité des changements dépend de la biologie, du style de vie et du niveau de stress.
L’essentiel en bref
- La ménopause comprend quatre phases et commence généralement entre 45 et 55 ans.
- Les troubles typiques sont les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et la sécheresse vaginale.
- Le risque de graisse abdominale et de maladies cardiovasculaires augmente pendant la ménopause.
- La sexualité peut se modifier, par exemple en raison d’une perte de libido.
- Un traitement hormonal substitutif dosé individuellement et des remèdes maison peuvent soulager les troubles.
La ménopause marque une transformation profonde dans la vie de nombreuses femmes, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Pourtant, on parle rarement ouvertement de cette phase de la vie. Or, les changements qui touchent les femmes peuvent avoir une influence considérable sur leur quotidien.
Les 4 phases de la ménopause
Au début, ce ne sont que de petits désagréments: des nuits où l’on a du mal à dormir, des jours où l’humeur bascule plus vite que d’habitude, ou des maux de tête qui apparaissent sans raison apparente. L’idée qu’il pourrait s’agir de la ménopause nous traverse l’esprit.
Pourtant, cette pensée est vite balayée par une autre: «Je suis bien trop jeune pour ça.» C’est précisément là que réside l’une des plus grandes idées reçues. La ménopause est un long processus, qui commence souvent bien plus tôt que nous ne voulons l’admettre.
-
Préménopause
Pendant la préménopause, le corps commence lentement à réduire sa production d’hormones. Cette phase peut débuter dès l’âge de 30 ans et dure en moyenne sept ans. Pendant cette période, le taux de progestérone baisse de manière particulièrement nette, ce qui s’accompagne souvent de premiers changements dans le cycle.
Symptômes pendant la préménopause
- Sautes d’humeur et SPM plus marqué
- Troubles du sommeil et fatigue
- Bouffées de chaleur
- Maux de tête
- Modifications de la poitrine: sensations de tension, relâchement, kystes
Comme les troubles peuvent déjà apparaître à ce stade précoce, un traitement hormonal de substitution est souvent recommandé dès la préménopause. La pertinence d’un tel traitement dépend des troubles propres à chaque femme.
-
Périménopause
Au début de la périménopause, un déséquilibre hormonal apparaît pour la première fois: le taux de progestérone chute, tandis que celui d’œstrogènes reste élevé. Beaucoup de femmes remarquent alors des variations du cycle, des saignements plus abondants ou un SPM plus marqué. Ce sont souvent les premiers signes clairs de la ménopause.
Symptômes pendant la périménopause
- Des cycles plus longs ou plus courts
- Des saignements plus ou moins abondants
- Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
- Migraine
- Épisode dépressif
- Brouillard mental («brain fog»): difficultés de concentration, problèmes à trouver ses mots ou sensation d’avoir l’esprit moins clair.
-
Ménopause
La ménopause correspond au jour de la dernière menstruation. C’est un moment que l’on ne reconnaît que rétrospectivement. En effet, la ménopause n’est considérée comme installée qu’après douze mois sans règles. Avant cela, les règles peuvent soudainement réapparaître après une pause de plusieurs mois.
Beaucoup de femmes croient trop tôt en avoir fini avec la ménopause et ont ensuite la surprise d’avoir de nouveaux cycles. L’année sans règles lève le doute et marque la transition définitive.
En moyenne, la ménopause survient vers l’âge de 52 ans.
-
Postménopause
La postménopause commence après les dernières menstruations. Le corps a alors besoin de plusieurs années pour s’adapter complètement à ce changement hormonal. Cette phase de la vie dure ensuite toute la vie. Elle représente souvent un tiers de la vie entière.
Pendant la postménopause, de nombreux troubles de la période de transition s’atténuent sensiblement. Les sautes d’humeur, les douleurs au niveau de la poitrine ou les fortes variations du cycle appartiennent alors généralement au passé, parce que les hormones ne fluctuent plus constamment, mais se maintiennent à un niveau stable.
Pour beaucoup de femmes, cette phase est aussi synonyme de nouvelles libertés: plus de règles, plus de souci de grossesse, moins de troubles physiques. C’est pourquoi beaucoup de femmes vivent la postménopause comme une période plus calme, plus sereine et moins éprouvante que les années précédentes.
À quel âge commence la ménopause?
La plupart des femmes atteignent la ménopause entre 45 et 55 ans. Durant cette période, les ovaires cessent progressivement leur activité et le taux d’œstrogènes dans le sang diminue considérablement. Cette baisse hormonale est la cause biologique de la ménopause.
Dans certains cas, la ménopause survient plus tôt, par exemple après une intervention chirurgicale ou certains traitements médicaux. La transition n’est alors pas naturelle, mais provoquée par des facteurs externes.
«Lorsque le taux d’œstrogènes baisse, l’humeur peut littéralement en pâtir.»
Symptômes fréquents à la ménopause
La ménopause n’est pas une maladie, mais une réaction naturelle du corps aux changements hormonaux. Les symptômes sont individuels et dépendent de la phase dans laquelle on se trouve.
-
Bouffées de chaleur et accès de sueur
Près d’une femme sur deux connaît des bouffées de chaleur: des vagues de chaleur soudaines qui montent dans le haut du corps, souvent accompagnées de sueurs, de palpitations ou de frissons.
C’est le seul symptôme clairement attribuable aux changements hormonaux. Leur intensité est très variable d’une femme à l’autre.
-
Vertiges et palpitations
Chez certaines femmes, les bouffées de chaleur provoquent de fortes palpitations ou des vertiges. Si ces troubles n’apparaissent qu’avec les bouffées de chaleur, ils sont généralement sans danger.
Si les palpitations surviennent indépendamment, une consultation médicale s’impose.
-
les sautes d’humeur
Les hormones influencent notre état émotionnel. «L’œstrogène agit sur des systèmes neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine, qui sont essentiels pour la régulation de l’humeur. Lorsque le taux d’œstrogènes baisse, l’humeur peut littéralement en pâtir», explique la professeure Petra Stute.
En même temps, durant cette phase, la vie de couple, la famille ou la situation professionnelle changent souvent. De ce fait, l’irritabilité, la tristesse ou les inquiétudes peuvent survenir plus fréquemment. Autre point important: toute dépression survenant à cette période de la vie n’est pas forcément d’origine hormonale.
«Il est conseillé de chercher un soutien psychologique lorsque des troubles dépressifs persistent plus de deux semaines, qu’ils affectent fortement le quotidien ou qu’ils entraînent un repli sur soi. Même si un traitement purement hormonal ne suffit pas, l’associer à un suivi psychologique est souvent la solution la plus efficace», conseille Petra Stute.
-
Troubles du sommeil
Les troubles du sommeil sont le plus souvent la conséquence indirecte des bouffées de chaleur ou des sueurs nocturnes. Les palpitations, l’incontinence ou les ruminations liées au vieillissement peuvent également perturber le sommeil.
De manière générale, les troubles du sommeil sont de toute façon plus fréquents avec l’âge.
-
Incontinence
L’incontinence ou la vessie irritable sont rarement directement liées aux hormones. Cependant, en raison du manque d’œstrogènes, les muqueuses deviennent plus fines et plus sensibles aux infections; le plancher pelvien et le tissu conjonctif perdent également de leur fermeté. Cela peut favoriser un besoin pressant d’uriner ou des pertes urinaires.
-
Sécheresse vaginale
La baisse du taux d’œstrogènes rend les muqueuses de la zone génitale plus fines, plus sèches et plus sensibles. Cela peut provoquer des démangeaisons, une sensation de brûlure ou des douleurs, y compris lors des rapports sexuels. Pour de nombreuses femmes, il s’agit des premières limitations importantes qu’elles rencontrent au quotidien.
-
Prise de poids
Avec l’âge, la dépense énergétique diminue et le corps stocke de la graisse, en particulier au niveau du ventre, de la taille et de la poitrine. Une prise de poids modérée peut même soulager les troubles, car le tissu adipeux produit des œstrogènes.
Un surpoids important augmente cependant le risque de diabète, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires.
-
Peau et cheveux
Beaucoup de femmes remarquent que leur peau devient plus sèche et moins ferme. Ce phénomène est en partie lié à la baisse du taux d’œstrogènes et en partie au processus de vieillissement général.
Les cheveux peuvent aussi devenir plus fins à certains endroits ou, au contraire, pousser plus abondamment, par exemple sur le visage, sous l’effet des changements hormonaux.
Vidéo: la ménopause expliquée simplement
La ménopause et le poids
La ménopause est considérée comme une période à risque pour la prise de poids: la baisse des hormones influence l’appétit, l’activité et la répartition des graisses. Parallèlement, avec l’âge, la masse musculaire diminue, le métabolisme basal baisse et les besoins énergétiques également.
Des chercheurs néo-zélandais montrent que c’est avant tout la composition corporelle qui se modifie: moins de masse musculaire, plus de masse graisseuse et une nette augmentation de la graisse abdominale. Cette répartition des graisses augmente le risque de maladies cardiovasculaires et métaboliques, même si la masse corporelle n’augmente que modérément.
Une étude sur cinq ans menée auprès de 535 femmes a montré qu’il est possible de prévenir la prise de poids et l’augmentation du tour de taille si les femmes intègrent davantage d’activité physique et une alimentation équilibrée et modifiée en matières grasses dans leur quotidien sur le long terme.
C’est également ce que confirme la spécialiste Petra Stute: «Il faut généralement une approche multiple: une adaptation de l’alimentation avec suffisamment de protéines, de légumineuses et de produits à base de céréales complètes, une activité physique régulière pour préserver la masse musculaire et, le cas échéant, une hormonothérapie sur mesure.»
Exercices pour lutter contre la graisse abdominale à la ménopause
À la ménopause, c’est surtout la graisse abdominale qui augmente, le type de graisse le plus risqué d’un point de vue métabolique. Pour y remédier, il existe deux solutions: l’entraînement d’endurance pour réduire la graisse et la musculation pour préserver la masse musculaire et le métabolisme basal.
Il est recommandé de faire 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine ou 75 à 150 minutes d’activité intensive, le tout complété par de la musculation au moins deux jours par semaine. Pour les femmes en surpoids, il peut être judicieux de faire davantage d’activité physique afin de réduire durablement le tour de taille.
Vous trouverez des exercices concrets pour renforcer vos abdominaux dans notre vidéo d’entraînement.
La sexualité à la ménopause
La sexualité évolue aussi à la ménopause. La baisse du taux d’hormones peut influencer le désir et l’excitation, mais ce n’est pas systématique. La vie de couple, le stress, l’image corporelle et la perception personnelle du vieillissement jouent également un rôle. Certaines se sentent limitées, quand d’autres vivent cette période comme une nouvelle liberté.
-
Perte de la libido
Lorsque la production d’hormones diminue, l’intérêt pour le sexe peut baisser ou l’orgasme peut être moins intense. «Mais ce n’est pas une fatalité», explique Petra Stute.
En réalité, les changements biologiques n’expliquent qu’une partie des changements sexuels au cours de cette phase de la vie. «La ménopause ne s’accompagne pas systématiquement d’une baisse de l’activité sexuelle», souligne la spécialiste. Les facteurs suivants jouent un rôle tout aussi important que les hormones:
- la qualité de la vie de couple
- le niveau de stress
- le rapport au vieillissement
- le manque de sommeil
- l’image de son propre corps
- les sautes d’humeur
Parallèlement, certaines femmes font état d’une nouvelle liberté et de plus de sérénité dans leur vie amoureuse après la ménopause.
«Aujourd’hui, nous disposons de très bonnes options de traitement», affirme l’experte. En font partie:
- Les thérapies locales à base d’œstrogènes sous forme de crèmes, d’ovules ou d’anneaux vaginaux
- La thérapie hormonale systémique en cas de troubles prononcés
«Des études attestent également d’un effet positif de la thérapie hormonale de substitution sur le moral, la peau et l’équilibre, ce qui se répercute bien sûr aussi sur la sexualité», précise Petra Stute.
-
Sécheresse vaginale
La baisse du taux d’œstrogènes rend les muqueuses de la zone génitale plus fines, plus sèches et plus sensibles. Cela peut provoquer des douleurs pendant les rapports sexuels, des brûlures ou des démangeaisons. C’est l’un des symptômes que les femmes trouvent souvent particulièrement gênants.
«Heureusement, cela se traite très facilement», affirme la spécialiste. Les pommades ou les ovules hormonaux à application locale sont généralement efficaces. Les crèmes hydratantes sans hormones et les lubrifiants peuvent aussi apporter un soulagement rapide.
Des études montrent que, pour de nombreuses femmes, les produits non hormonaux sont aussi efficaces que les préparations hormonales. L’important est de les utiliser régulièrement. Si les troubles persistent, il convient de procéder à un examen gynécologique, car il existe souvent des solutions simples.
-
La contraception à la ménopause
La fertilité diminue, mais ne disparaît pas brutalement. Une grossesse est encore possible dans les années qui précèdent la ménopause. C’est pourquoi les couples doivent utiliser une contraception fiable jusqu’à ce qu’il soit clair que la ménopause est atteinte.
La méthode la plus adaptée doit être discutée individuellement avec la ou le gynécologue. La pilule atténue certains troubles, mais elle contient des œstrogènes artificiels et est associée à un risque plus élevé de thromboses, d’AVC et d’infarctus du myocarde que d’autres thérapies hormonales.
Les femmes en bonne santé peuvent continuer à prendre leur pilule combinée jusqu’à l’âge de 50 ans environ. À cet âge au plus tard, il convient de passer à une alternative plus sûre.
Autre point important: les personnes qui ne vivent pas une relation monogame devraient continuer à se protéger contre les infections sexuellement transmissibles.
Traitement hormonal substitutif: quand est-il judicieux?
Le principe est simple: un traitement hormonal substitutif vise à soulager les troubles sévères de la ménopause et non à rétablir le taux d’hormones antérieur. Utilisé correctement, le traitement peut avoir de nombreux effets bénéfiques. Il peut par exemple réduire le risque d’ostéoporose, de démence, d’infarctus du myocarde, de diabète et de cancer de l’intestin.
«De nombreuses études démontrent l’influence d’un traitement hormonal substitutif sur la diminution du risque de diabète, de fracture et de cancer de l’intestin. Elles ont donné lieu à des déclarations en ce sens dans les recommandations internationales», explique Petra Stute.
Lorsqu’il s’agit de prescrire des hormones de substitution, il est important d’évaluer précisément le profil de risque de la patiente. Une prise d’hormones inutile ou incorrecte peut avoir de graves répercussions sur la santé. «Parmi ceux-ci: un risque accru de thromboses, d’AVC, d’infarctus du myocarde et de certains types de cancer», poursuit-elle.
La Ligue suisse contre le cancer souligne qu’un traitement hormonal substitutif nécessite toujours une décision individuelle prise en toute connaissance de cause. Plus le traitement est précoce et plus la dose est faible, meilleur sera le rapport bénéfice-risque. Les prérequis sont une évaluation minutieuse et des contrôles réguliers.
Quels sont les inconvénients d’un traitement hormonal substitutif?
Les œstrogènes pris par voie orale augmentent le risque de thrombose et d’AVC. C’est pourquoi les spécialistes privilégient le gel ou les patchs, qui augmentent nettement moins ce risque.
Pour ce qui est du cancer du sein, il est intéressant d’examiner de plus près les études existantes: une vaste étude américaine a montré que le risque augmente légèrement dans le cadre d’une association d’œstrogènes et de progestérones sur plusieurs années.
En chiffres absolus, cela ne représente toutefois que quelques cas supplémentaires pour 10 000 femmes par an. Pour une monothérapie à base d’œstrogènes (possible uniquement chez les femmes sans utérus), aucun risque accru n’a été constaté.
La Ligue suisse contre le cancer résume la situation de manière pragmatique: le traitement hormonal substitutif est le traitement le plus efficace contre les troubles sévères de la ménopause, mais il ne s’agit pas d’une solution miracle. Il doit être prescrit à faible dose, pour une durée limitée et faire l’objet d’un suivi régulier. Et il n’est judicieux que si les troubles altèrent réellement la qualité de vie.
«Aujourd’hui, nous disposons de très bonnes options thérapeutiques.»
Remèdes maison contre les troubles de la ménopause
Accès de transpiration, sautes d’humeur, troubles du sommeil ou baisse de la libido. Outre la thérapie hormonale de substitution, il existe aussi de nombreux remèdes maison permettant de soulager les désagréments de la ménopause.
Vous trouverez un aperçu de tous les remèdes maison dans notre article «6 remèdes maison contre les troubles de la ménopause».
«Die Wechseljahre sind eine natürliche Lebensphase, keine Krankheit.»
Changements positifs pendant la ménopause
Même si le corps se transforme, cette phase de la vie est loin de n’être qu’une succession de changements négatifs. Certes, sans œstrogènes, le corps vieillit un peu plus vite; la peau, les cheveux, les vaisseaux et les os le ressentent. Et de nombreuses femmes remarquent pour la première fois l’apparition de ridules, des articulations plus raides ou des douleurs diffuses. Mais l’idée que tout ne fera que décliner est réductrice.
Pour beaucoup, le changement hormonal marque le début d’une phase de réorientation. Ce bilan obligé amène les femmes à examiner de plus près ce qui leur fait du bien et ce qui leur est néfaste. Les relations, les routines et les contraintes sont passées au crible, les limites deviennent plus claires et les besoins sont pris plus au sérieux.
La maturité émotionnelle et sociale que les femmes atteignent souvent au cours de ces années n’est pas un effet secondaire, mais un réel atout. «La ménopause peut aussi être vue comme une opportunité. Comme le moment où les femmes prennent consciemment leur santé en main», souligne Petra Stute.
Un grand nombre de femmes décrivent même la période qui suit la ménopause comme une libération: moins de sentiment du devoir, plus d’autonomie et plus de courage. Et parfois, l’entourage doit aussi s’y habituer, mais c’est justement ce processus qui fait du bien à une femme qui finit par se trouver.
«La ménopause est une phase naturelle de la vie, pas une maladie. Toutefois, les femmes ne sont pas obligées de subir les désagréments qui y sont liés», déclare l’experte. Celles qui parlent ouvertement des difficultés qu’elles rencontrent bénéficient aujourd’hui de multiples options de traitement. «Actuellement, il existe des options thérapeutiques fondées sur des données probantes, sûres et personnalisables.»