Les 4 types d’attachement expliqués simplement

Les styles d’attachement influencent la manière dont nous gérons la proximité, la distance et les conflits. La bonne nouvelle: ils ne sont pas gravés dans le marbre, il est possible de les faire évoluer.

Texte: Nicole Krättli

Images: Sanitas

10 min

16.08.2026

L’essentiel en bref

  • Les styles d’attachement se manifestent surtout dans les situations de stress. Nous avons alors tendance à recourir à des réactions familières, comme le repli sur soi, le contrôle ou la recherche de proximité.
  • Les expériences précoces influencent le style d’attachement, mais ne le déterminent pas définitivement.
  • Elles peuvent nous déstabiliser et nous mettre en situation de crise. Des relations solides et une psychothérapie renforceront le sentiment de sécurité affective.

Que sont les types d’attachement?

Les types d’attachement décrivent la manière dont une personne vit la proximité, la distance et la sécurité affective. Cela vaut aussi bien pour les enfants que, plus tard, pour les adultes dans leurs relations amicales et amoureuses. Le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby et la psychologue du développement Mary Ainsworth ont posé les bases de cette théorie.

À partir de leurs observations, quatre modèles fondamentaux d’attachement ont été définis:

  • Le type d’attachement sécure
  • Le type d’attachement évitant
  • Le type d’attachement ambivalent / résistant
  • Le type d’attachement désorganisé

Une personne peut présenter des caractéristiques propres à plusieurs schèmes d’attachement. Chez les adultes, les spécialistes considèrent donc aujourd’hui l’attachement comme un spectre situé entre l’anxiété et l’évitement.

«Il existe un noyau relativement stable. En même temps, le comportement d’attachement résulte toujours d’une interaction entre les personnes», explique Guy Bodenmann, psychologue et thérapeute de couple à l’université de Zurich. «Dans des situations sans pression, nous disposons d’un répertoire comportemental plus large. En revanche, lorsque nous subissons un stress intense, nos schèmes d’attachement fondamentaux s’activent davantage.»

«En situation de stress intense, nos schèmes d’attachement fondamentaux sont davantage activés.»

Pr Guy Bodenmann, Psychologue et thérapeute de couple

1. Le type d’attachement sécure

Les enfants qui ont développé un attachement sécurisant ont confiance dans la présence de leur figure d’attachement. Si celle-ci quitte la pièce, ils peuvent se montrer tristes. Lorsqu’elle revient, ils recherchent le contact, se laissent réconforter, puis se tournent à nouveau vers leur environnement. 

Les personnes ayant un attachement sécure …

  • … favorisent  la proximité affective.
  • … font confiance aux autres et acceptent qu’on les aide.
  • … expriment leurs sentiments et parlent de leurs besoins.
  • … se tournent vers des personnes de confiance dans les moments difficiles.
  • … abordent les conflits et cherchent des solutions ensemble.
  • … laissent de l’espace à leur partenaire sans remettre immédiatement leur relation en question.

Un lien sécurisant ne signifie pas l’absence de difficultés. Ce qui compte avant tout, c’est la confiance en sa capacité à les gérer.

«Lorsque je me sens en sécurité dans ma relation, je dispose d’un sentiment de fiabilité et de confiance qui me sert de base. En même temps, je sais que, lorsque je suis confronté à une situation difficile, je parviens toujours à trouver un moyen de résoudre le problème», explique Guy Bodenmann.

2. Le type d’attachement insécure / évitant

Les enfants ayant un attachement insécure / évitant expriment très peu leur besoin de réconfort. Lorsque leur personne de référence s’en va, ils semblent souvent indifférents. Lorsqu’elle revient, ils recherchent peu le contact ou se détournent.

Ce calme apparent ne signifie toutefois pas que la séparation ne les affecte pas. À l’âge adulte, ces personnes misent avant tout sur leur indépendance, notamment dans les relations difficiles, et se protègent en gardant leurs distances.

Les personnes ayant un attachement insécure / évitant ...

  • … préfèrent résoudre les problèmes seules.
  • … gardent une certaine distance émotionnelle avec les autres.
  • … ont du mal à montrer leur vulnérabilité.
  • … parlent rarement ouvertement de leurs sentiments.
  • … se replient sur elles-mêmes en cas de conflit ou évitent les discussions.
  • … se sentent rapidement étouffés par une proximité trop intense.

Ce retrait ne signifie pas nécessairement qu’elles sont indifférentes à leur interlocuteur. Souvent, elles ont appris à réprimer leurs besoins et préfèrent compter sur elles-mêmes plutôt que de risquer d’être rejetées.

3. Le type d’attachement insécure / ambivalent

Les enfants présentant un attachement insécure / ambivalent ont du mal à anticiper la réaction de leur figure d’attachement. Parfois, ils trouvent du réconfort; parfois non. C’est pourquoi ils réagissent souvent très vivement en cas de séparation. Au retour de leur figure d’attachement, ils recherchent la proximité, tout en restant en colère ou distants.

Même à l’âge adulte, ils oscillent souvent, surtout en cas d’incertitude ou de stress, entre le désir de proximité et la crainte de la perdre à nouveau.

Les personnes ayant un attachement insécure / ambivalent …

  • … ont besoin de beaucoup de reconnaissance et de réconfort.
  • … sont très attentives aux signes de distance.
  • … ont peur de ne pas être suffisamment aimées.
  • … réagissent vivement face à l’incertitude.
  • … recherchent la proximité tout en repoussant leur interlocuteur.
  • … ont tendance, dans les situations stressantes, à faire preuve de jalousie, de méfiance ou à vouloir tout contrôler.

Derrière ce comportement se cache généralement un fort besoin de sécurité et de reconnaissance.

4. Le type d’attachement insécure / désorganisé

Les enfants présentant un attachement insécure / désorganisé ne parviennent pas à trouver une stratégie claire pour gérer leur anxiété. Ils courent vers leur figure d’attachement, s’arrêtent brusquement, se figent ou reculent à nouveau.

Leur comportement semble contradictoire, car cette même personne peut à la fois inspirer la confiance et susciter la peur. Plus tard encore, ce conflit intérieur peut influencer les relations. 

Les personnes ayant un attachement insécure / désorganisé …

  • … aspirent  à la proximité et se replient brusquement sur elles-mêmes.
  • … se méfient  de la proximité et des engagements.
  • … ont  rapidement l’impression que les relations sont trop lourdes à gérer.
  • … ont  des réactions contradictoires ou impulsives lorsqu’elles sont stressées.
  • …ont  du mal à gérer leurs émotions fortes.
  • … doutent  que les relations puissent offrir une sécurité durable.

Parmi les modèles d’attachement insécure, c’est le style désorganisé qui, selon Bodenmann, est le plus étroitement lié aux troubles psychiques.

Important: chez les adultes, les spécialistes parlent plutôt d’un statut d’attachement non résolu que d’un type de relation amoureuse clairement défini.

Vidéo explicative sur les 4 types d’attachement

Styles d’attachement insécure: quelles conséquences?

Des schèmes d’attachement instables peuvent mettre les relations à rude épreuve. Les personnes concernées accordent souvent moins facilement leur confiance, se replient sur elles-mêmes en cas de conflit ou recherchent particulièrement beaucoup de reconnaissance. Cela peut accentuer le stress et rendre plus difficile la régulation des émotions ou l’acceptation de se faire aider.

La santé peut également en pâtir. Des études établissent un lien entre l’attachement insécure et, entre autres, certains troubles psychiques, des stratégies d’adaptation inadéquates et une charge de morbidité plus élevée.

On observe par ailleurs, dans le cas de schèmes d’attachement désorganisés, des liens avec certaines maladies physiques, sans qu’un lien de causalité ait été établi.

Attention: un style d’attachement insécure n’est pas un trouble de l’attachement.

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Comment favoriser un style d’attachement sécure chez mon enfant?

Les enfants développent un lien d’attachement sécure lorsqu’ils perçoivent leurs figures d’attachement comme des personnes fiables. La fondation Pro Juventute recommande donc d’être attentif aux signaux de l’enfant, de prendre ses sentiments au sérieux, de respecter les accords conclus et de rester disponible même dans les moments difficiles.

Les parents ne doivent pas céder à tous les caprices de leurs enfants, mais leur expliquer pourquoi certaines choses ne sont pas possibles et fixer des limites compréhensibles.

Selon la chercheuse britannique Saima Latif, trois principes fondamentaux sont en outre essentiels: constance, communication et cohérence appropriée. Les enfants doivent savoir qu’ils peuvent obtenir de l’aide en cas d’angoisse ou de surmenage, que leur avis compte et que les limites leur apportent un sentiment de sécurité, sans que leur personne de référence leur inspire de la peur.

En tant que parent, les principes suivants vous seront particulièrement utiles:

  • Entretenez une relation stable et de confiance.
  • Soyez attentif aux signaux verbaux et non verbaux.
  • Écoutez votre enfant et prenez ses sentiments au sérieux.
  • Respectez vos engagements et fixez des limites claires.
  • Laissez à votre enfant une certaine liberté et acceptez qu’il fasse des erreurs.
  • Montrez-lui de l’affection et un intérêt sincère pour son quotidien.

«Il est possible de transformer un lien d’attachement insécurisant en un lien sécurisant.»

Le professeur Guy Bodenmann, Psychologue et thérapeute de couple

Puis-je développer un type d’attachement sécure?

La réponse: oui, mais cela prend du temps. Les schèmes d’attachement ne sont pas immuables. Des relations solides, de nouvelles expériences et la psychothérapie peuvent apporter davantage de sécurité à long terme.

Bodenmann explique comment de tels changements se produisent: «On peut transformer un style d’attachement insécure en un style sécure. Mais pour cela, il faut que cette personne ait expérimenté pendant très longtemps une relation fiable, fidèle et de l’amour inconditionnel d’une certaine personne.»

Guide: identifier et modifier le style d’attachement

Un style d’attachement sécure ne résulte pas d’une simple intention. Il se développe lorsque vous comprenez vos propres réactions, que vous essayez de nouveaux comportements et que vous constatez à maintes reprises que la proximité n’entraîne pas automatiquement une perte de contrôle ou un rejet.

  • Reconnaître ses propres schèmes d’attachement

    Commencez par observer ce qui provoque du stress dans vos relations et comment vous y réagissez.

    • Avez-vous souvent besoin d’être rassuré-e ou craignez-vous facilement d’être abandonné-e?
    • Considérez-vous immédiatement les réponses tardives comme un refus?
    • Vous vous retirez dès que les discussions prennent une tournure émotionnelle?
    • Vous minimisez vos propres besoins et préférez résoudre les problèmes seul-e?
    • Vos réactions se répètent-elles dans plusieurs relations?
    • Votre comportement varie-t-il selon les personnes?

    Un questionnaire peut fournir de premières indications, mais ne remplace pas l’avis d’un spécialiste. «Le diagnostic du style d’attachement est très complexe. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut déterminer avec précision en posant simplement quelques questions», prévient Bodenmann.

  • Renforcer l’estime de soi et apprendre à fixer des limites

    Ceux qui fondent fortement leur estime de soi sur la réaction des autres retombent plus facilement dans leurs anciens schèmes. À l’inverse, l’indépendance ne signifie pas que vous deviez tout gérer seul-e. Prenez vos propres besoins au sérieux.

    • Formulez vos limites de manière claire et respectueuse.
    • Dites «non» sans vous justifier longuement.
    • Consacrez-vous à vos centres d’intérêt et entretenez vos relations sociales.
    • Demandez de l’aide plutôt que de cacher que vous êtes dépassé.
    • Ne considérez pas les erreurs comme la preuve d’une insuffisance personnelle.
  • Mieux gérer ses émotions

    Les personnes ayant un attachement anxieux réagissent souvent de manière particulièrement vive face à la distance. Les personnes évitantes ont plutôt tendance à refouler leurs sentiments ou à se replier sur elles-mêmes. Dans les deux cas, il est utile de marquer une pause entre la première impulsion et la réaction.

    • Nommez ce sentiment: peur, colère, honte ou déception?
    • Essayez de faire la distinction entre ce qui s’est réellement passé et ce que vous craignez.
    • Respirez calmement, bougez un peu ou éloignez-vous brièvement de la situation.
    • Notez vos réflexions avant d’agir.
    • Utilisez des exercices de pleine conscience pour repérer plus tôt vos réactions automatiques.
    • Demandez de l’aide avant que la pression ne devienne trop forte.

    La pleine conscience ne doit pas servir à refouler les émotions. Elle aide plutôt à les percevoir, sans pour autant devoir y donner suite immédiatement.

  • Communiquer ouvertement

    Une communication sereine consiste à exprimer ses besoins sans attaquer, sans s’accrocher ni se replier complètement sur soi-même.

    • Exprimez-vous en partant de votre point de vue: «Je ressens…» ou «J’ai besoin de…»
    • Formulez des demandes concrètes plutôt que des attentes implicites.
    • Écoutez sans chercher immédiatement à vous défendre.
    • Posez des questions avant de faire des suppositions.
    • En cas de conflit, continuez à dialoguer, mais n’hésitez pas à faire une pause si nécessaire.
    • Respectez les limites de votre interlocuteur.

    La communication ouverte, l’écoute active et la gestion constructive des conflits s’apprennent. Elles instaurent la confiance et constituent ainsi un fondement essentiel d’un lien sécurisant.

  • Accepter les expériences relationnelles réparatrices

    Ce sont surtout les nouvelles expériences relationnelles qui font évoluer les anciennes. Cela peut se produire dans le cadre d’une relation de couple, mais aussi entre amis ou dans le cadre d’une psychothérapie.

    • Entourez-vous de personnes auprès desquelles vous vous sentez serein-e et compris-e.
    • Prenez conscience de la fiabilité, au lieu de la considérer comme allant de soi.
    • Commencez par faire de petits pas vers plus d’ouverture.
    • Vérifiez si votre interlocuteur se montre respectueux et cohérent dans ses réactions.
    • Acceptez l’aide proposée, même si cela vous semble un peu étrange au début.
    • Fixez des limites dans les relations qui alimentent sans cesse la méfiance et l’insécurité.

    Les amitiés peuvent elles aussi offrir des expériences d’attachement réparatrices, lorsqu’une personne manifeste un intérêt sincère sur le long terme. Les relations dans lesquelles l’autre écoute, fait preuve d’empathie et ne s’éloigne pas immédiatement, même dans les moments difficiles, sont particulièrement efficaces.

Quand une psychothérapie est-elle recommandée?

Un style d’attachement insécure ne nécessite pas nécessairement de suivre une thérapie. «Je constate une tendance croissante à la pathologisation au sein de la société. L’insécurité affective est en soi un trait de personnalité et non un trouble psychique», explique le spécialiste.

Il est toutefois judicieux de faire appel à un accompagnement professionnel lorsque la peur de la séparation ou de la perte domine le quotidien, que les relations échouent de manière répétée ou que la proximité, la confiance et les conflits constituent une source de tension permanente. En cas d’angoisses intenses, de traumatismes ou d’autres troubles psychiques, il convient également de consulter un spécialiste afin d’en déterminer les causes.

En même temps, un style d’attachement ne doit pas servir d’excuse. «L’essentiel est d’identifier son propre talon d’Achille psychologique et d’utiliser cette connaissance de manière ciblée pour son développement personnel», explique l’expert.

En psychothérapie, les personnes concernées identifient des schèmes relationnels récurrents et expérimentent de nouvelles façons de réagir. Elles apprennent à mieux canaliser leurs émotions, à exprimer leurs besoins, à fixer des limites et à gérer plus consciemment la proximité et la distance. 

Que paie la caisse maladie?

L’assurance de base prend en charge jusqu’à 30 séances de psychothérapie, à condition qu’un médecin dûment qualifié prescrive le traitement et que le-la psychothérapeute dispose d’une autorisation cantonale. La franchise et la quote-part restent dues. Pour les séances suivantes, l’assurance doit fournir une garantie de paiement.

Selon le modèle, les assurances complémentaires prennent en charge la psychothérapie non médicale et, dans certains cas, les services numériques. Le coaching et le conseil psychologique visant le développement personnel ne sont pas remboursés.

Conclusion

Les styles d’attachement influencent la manière dont nous vivons la proximité, la distance et les conflits, en particulier en situation de stress. Les expériences vécues dès le plus jeune âge jouent un rôle important à cet égard, mais ne déterminent pas notre comportement futur de façon immuable. En apprenant à identifier ses propres schèmes , à réguler ses émotions, à exprimer ouvertement ses besoins et à s’ouvrir à des relations fiables, on peut progressivement développer une plus grande sécurité affective.

Un style d’attachement insécurisant n’est pas un trouble psychique. Il est toutefois judicieux de faire appel à une aide professionnelle s’il entraîne une souffrance persistante ou des problèmes relationnels récurrents.

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