Perte de libido?

Il existe de nombreux facteurs qui freinent la libido. Les connaître permet de la stimuler à nouveau.

Texte: Laurina Waltersperger

Images: iStock

14 min

02.07.2026

L’essentiel en bref

  • La libido désigne le désir sexuel. Elle dépend du corps, du psychisme, des relations et de l’environnement.
  • La perte de libido a souvent plusieurs causes, comme le stress, les conflits, les hormones, les maladies, la douleur ou les médicaments.
  • La réduction du stress, l’activité physique et les discussions franches peuvent aider à la retrouver. En cas de troubles prolongés, il est judicieux de faire appel à un professionnel.

La libido: qu’est-ce que c’est?

La libido correspond à la recherche instinctive du plaisir, en particulier du plaisir sexuel. Des facteurs physiques, psychologiques, relationnels et sociaux déterminent l’intensité de notre appétit sexuel.

D’un point de vue biologique, la libido prend naissance dans le cerveau: les neurotransmetteurs, tels que la dopamine, et les hormones sexuelles, comme la testostérone et les œstrogènes, déterminent l’intensité de notre désir sexuel et la manière dont nous percevons les stimuli sexuels.

«Il est tout à fait normal que notre libido varie.»

Stefanie Gonin-Spahni, psychologue de la santé et sexologue

Perte de libido: pourquoi n’ai-je plus envie d’avoir des rapports sexuels?

Une baisse de la libido est souvent due à une combinaison de facteurs physiques, psychologiques et liés à la vie de couple. 

  • Perte de libido chez les femmes

    Chez les femmes, la perte de libido s’explique souvent par des fluctuations hormonales (œstrogènes et progestérone). Ces changements surviennent au cours du cycle menstruel, de la grossesse, de l’allaitement ou de la périménopause, de la ménopause et de la post-ménopause.

    Les douleurs pendant les rapports sexuels réduisent également le désir. Ces douleurs peuvent par exemple être dues à de fortes contractions du plancher pelvien, mais aussi à des douleurs chroniques au niveau de la vulve (hypersensibilité des fibres nerveuses), à l’endométriose, à des infections génitales et à une sécheresse vaginale.

    À cela s’ajoutent des facteurs psychologiques et relationnels, tels que le stress, la distance émotionnelle ou des conflits non résolus, qui influent fortement sur la libido féminine. 

  • Perte de libido chez les hommes

    Chez les hommes, la perte de libido est souvent liée à une carence en testostérone ou à d’autres troubles endocriniens. Mais le stress et les facteurs liés au couple influencent également la libido masculine – même si leur impact se révèle généralement moins marqué que chez les femmes.

    Lorsque la libido masculine diminue, de nombreux hommes y voient souvent un «problème de performance». Pourtant, le désir sexuel et la capacité à avoir une érection sont deux choses différentes: lorsque la libido diminue, le désir sexuel s’affaiblit. Les troubles de l’érection, quant à eux, désignent la capacité physique à obtenir ou à maintenir une érection.

Quand parle-t-on d’une perte de libido?

«Il est tout à fait normal que notre libido varie», explique Stefanie Gonin-Spahni. Bien souvent, ces variations surviennent lorsque nous sommes soumis à un stress important, pendant une maladie ou à l’occasion de certains événements, comme une naissance.

Si la perte de libido persiste, certains signes peuvent indiquer qu’il serait utile de consulter un-e spécialiste:

  • Les personnes concernées souffrent d’un manque persistant ou récurrent de fantasmes sexuels.
  • Leur désir sexuel est en berne ou totalement absent.
  • Elles prennent rarement l’initiative d’avoir des relations sexuelles. 

«Dans la pratique, on parle de perte de libido lorsque celle-ci persiste pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et que les personnes concernées la vivent comme gênante et qu’elle nuit à leur qualité de vie et à leur couple», précise la sexologue. 

Si tel est le cas, et en l’absence de cause temporaire évidente, l’experte recommande de consulter un professionnel.

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Quelles sont les causes possibles d’une perte de libido?

Selon l’experte, c’est une combinaison de facteurs qui entraîne une baisse du désir sexuel; il est rare qu’une seule cause l’explique. On sous-estime souvent un point essentiel: «Les facteurs psychosociaux influencent davantage la libido que nos hormones.»

  • Facteurs physiques

    D’une part, les maladies chroniques telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, rénales, rhumatismales et l’hypertension peuvent considérablement réduire le désir sexuel.

    D’autre part, les troubles hormonaux ont également un impact sur la libido. Citons notamment l’hypothyroïdie, une carence en testostérone et les fluctuations du taux d’œstrogènes à la périménopause et la post-ménopause.

    Les pathologies urologiques et gynécologiques (p. ex. les troubles de l’érection chez l’homme, les kystes, les cicatrices ou les cystites chez la femme) ainsi que les douleurs liées à l’acte sexuel peuvent souvent entraîner une baisse de la libido, car les personnes concernées tentent d’éviter les rapports intimes.

  • Facteurs psychologiques

    «Le stress a un effet négatif sur la libido; c’est scientifiquement prouvé», affirme la psychologue.

    Ainsi, le stress au travail, le surmenage au quotidien, l’épuisement (mental) et le manque de sommeil comptent parmi les causes les plus fréquentes d’une baisse de la libido.

    La dépression, les troubles anxieux, les traumatismes et les craintes liées à l’avenir ou à l’existence réduisent considérablement l’appétit sexuel.

    À cela s’ajoute une image négative de son corps, en particulier chez les femmes, ou un sentiment de honte à l’idée de se montrer pendant les rapports sexuels ou de parler de ses propres besoins sexuels.

  • Situation du couple

    Les conflits au sein du couple, le manque de communication, la perte de proximité affective ou une routine sexuelle installée depuis longtemps peuvent freiner la libido. 

    Il en va de même lorsque les besoins sexuels diffèrent, en cas de pression (p. ex. un désir d’enfant, l’impression que tout doit fonctionner au lit) et de problèmes sexuels non résolus.

    La pornographie peut aussi jouer un rôle, mais les résultats des recherches ne sont toutefois pas unanimes à ce sujet. «Regarder ensemble de la pornographie peut tout à fait être une source d’excitation, tandis qu’une consommation excessive a un impact négatif sur la vie sexuelle du couple», explique Stefanie Gonin-Spahni. Cela s’expliquerait par une désensibilisation due à une forte consommation de pornographie.

    «De plus, le fait de ne pas avoir acquis les bases nécessaires pour comprendre ce qui stimule sexuellement une personne et lui permet d’avoir du plaisir, ou celui de mener une vie sexuelle qui ne correspond pas à ses besoins sont des facteurs que l’on ignore bien souvent», ajoute l’experte.

    De même, les idées culturelles et sociales sur une sexualité «normale» ou la pression liée à la performance sexuelle peuvent renforcer les sentiments de culpabilité et les inhibitions. 

  • Mode de vie

    Le manque d’activité physique, le surpoids, le tabagisme, une consommation excessive d’alcool, le manque de sommeil et une alimentation malsaine nuisent à notre santé et ont un impact négatif sur notre équilibre hormonal ainsi que sur l’image que nous avons de nous-mêmes – ce qui réduit également le désir sexuel. 

  • Médicaments

    Les médicaments peuvent eux aussi réduire la libido. Les antidépresseurs, la pilule contraceptive, certains antihypertenseurs, les neuroleptiques et les médicaments qui font baisser le taux de testostérone en sont quelques exemples. 

  • Phases de la vie

    Avec l’âge, la libido diminue chez de nombreuses personnes, principalement en raison de changements hormonaux ou de maladies chroniques.

    Après un accouchement, à la ménopause, durant les périodes difficiles ou dans le cadre d’une relation de longue durée, la libido fluctue. C’est normal et cela fait partie de la vie. 

Vidéo: conseils de l’experte

Comment stimuler ma libido?

Il existe une multitude de facteurs et d’offres thérapeutiques qui peuvent nous aider à stimuler notre libido. Cependant, la sexologue recommande avant tout de se poser la question suivante: «Quel est mon niveau de plaisir sexuel?» 

C’est un facteur décisif. «Le plaisir sexuel et les orgasmes activent les centres de récompense du cerveau et incitent à renouveler l’expérience», explique-t-elle.

Demandez-vous ensuite dans quelles conditions le sexe vous procure vraiment du plaisir. De quoi avez-vous besoin pour y parvenir, sur le plan physique, cognitif, émotionnel et relationnel? «Le manque de désir est parfois moins un problème physique qu’un signe indiquant qu’on ne mène pas une vie sexuelle vraiment épanouie», explique Stefanie Gonin-Spahni.

Il existe par ailleurs de nombreuses mesures permettant de réveiller la libido. 

  • Explorer sa sexualité en solo

    S’adonner au sexe en solo est une pratique saine qui permet de découvrir ce qui procure du plaisir.

    Prenez votre temps pour explorer le toucher, la pression et le rythme sur différentes parties du corps (p. ex. la poitrine, le ventre, les fesses, les jambes, le dos). Le sexe en solo ne se résume pas à atteindre rapidement l’orgasme.

    Explorez votre courbe d’excitation: qu’est-ce qui vous permet de démarrer en douceur, et à partir de quand est-ce que ça va «trop vite»? Le savoir vous permettra plus tard de mieux gérer le désir avec votre partenaire.

    Laissez-vous également aller à des fantasmes et à des rêveries érotiques. Lors d’une séance de masturbation, vous pouvez explorer vos fantasmes érotiques les plus intimes sans vous soucier du regard de l’autre.

  • Réduire le stress au quotidien

    Le stress chronique et le surmenage comptent parmi les facteurs classiques qui ont un effet négatif sur la libido. 

    Réduire le stress permet d’augmenter le désir. Les exercices de respiration, la méditation, la pratique de la pleine conscience, les promenades dans la nature ou les activités douces, comme le yoga ou le qi gong, peuvent être une aide précieuse en la matière. 

  • L’activité physique stimule le désir

    Les personnes qui pratiquent régulièrement une activité physique améliorent la circulation sanguine dans l’ensemble du corps, y compris au niveau des parties génitales, favorisent l’équilibre hormonal et se sentent mieux sur le plan psychologique. Tout cela stimule la libido.

    Comme l’activité physique renforce les muscles, améliore la posture et affine la perception de son corps, elle renforce la confiance en soi. 

    Selon des études, avoir une image plus positive de son propre corps va de pair avec une plus grande satisfaction sexuelle et une plus grande ouverture aux contacts érotiques. 

  • Un travail corporel ciblé pour le plaisir

    Le plancher pelvien joue ici un rôle particulièrement important: un plancher pelvien tonique favorise la circulation sanguine et la sensibilité dans la région pelvienne, ce qui peut renforcer le désir, la capacité à atteindre l’orgasme et la fonction érectile.

    Vous pouvez l’entraîner très simplement: contractez les muscles du plancher pelvien plusieurs fois par jour, puis relâchez-les. 

    Relâcher les muscles est tout aussi important que les contracter, car le stress, une mauvaise posture ou une rééducation post-partum inadéquate provoquent souvent des tensions au niveau du plancher pelvien.

    Vous pouvez effectuer cet exercice en position assise, debout ou allongée. Des exercices tels que le «pont», le basculement du bassin ou des séances ciblées de pilates permettent également de stimuler le plancher pelvien.

    De plus, une meilleure souplesse et une meilleure stabilité du tronc ont une incidence directe sur la façon dont nous percevons le contrôle et le plaisir dans notre vie sexuelle. Les exercices d’ouverture des hanches (p. ex. posture du pigeon, fentes profondes, rotations douces des hanches) et le renforcement des muscles du tronc (p. ex. planches, pont, exercices abdominaux) sont utiles à cet effet. 

  • Réinventer les rapports sexuels

    Dans votre couple, parlez ouvertement de vos désirs, de la pression que vous subissez et de vos craintes. Prenez le temps de vous consacrer l’un à l’autre et abordez votre intimité de manière ludique. 

    En d’autres termes: consacrez plus de temps aux préliminaires, caressez-vous mutuellement en évitant les parties génitales et sans pénétration, essayez de nouvelles choses et intégrez les sources de plaisir qui vous excitent lorsque vous vous masturbez.  

  • Miser sur les bonnes herbes

    Il existe différentes plantes et herbes qui favorisent la libido. 

    La maca est une plante originaire des Andes péruviennes. Des études montrent que sa consommation stimule la libido. Il vous suffit de mélanger la poudre de maca avec vos céréales ou votre smoothie.

    L’ashwagandha, l’une des plantes emblématiques de la médecine ayurvédique, contribue également à réduire le stress et à stimuler la vitalité, ce qui a un effet positif sur la libido.

    Le ginseng est traditionnellement utilisé pour son action tonique et aphrodisiaque. Des études montrent qu’il stimule la circulation sanguine et l’excitation. 

    Par ailleurs, du point de vue de la médecine naturelle, la santé intestinale, la fonction hépatique et les inflammations chroniques influencent aussi la libido. 

    Vous pouvez les favoriser en consommant des aliments naturels contre la dysfonction érectile : privilégiez les substances amères (présentes par exemple dans la chicorée, la trévise, la roquette, les artichauts, le pamplemousse ou le chocolat noir) et les acides gras oméga 3 (présents dans l’huile d’olive, de colza, de lin ou de noix).

    Ces herbes et épices possèdent elles aussi des propriétés anti-inflammatoires: le curcuma, le gingembre, l’ail, la cannelle, l’origan, le basilic, le romarin et le thym. 

  • La MTC pour activer l’énergie sexuelle

    Pour la médecine traditionnelle chinoise (MTC), l’énergie sexuelle est étroitement liée à l’énergie des reins, considérés comme l’essence même de notre énergie vitale, de notre fertilité et de notre fonction sexuelle.

    La libido apparaît lorsque le Yin et le Yang des reins sont équilibrés, que le feu du cœur stimule le feu des reins et que le Qi du foie circule librement.

    Pour harmoniser l’énergie sexuelle, la MTC a recours à l’acupuncture, aux remèdes à base de plantes et à des changements de mode de vie (p. ex. dormir suffisamment et réduire le stress). 

  • Nourrir le désir grâce aux nutriments

    Certains nutriments favorisent la libido en rééquilibrant les hormones sexuelles, en améliorant la circulation sanguine, en renforçant la fonction nerveuse ainsi que l’humeur, et en réduisant les inflammations chroniques:

    • Vitamine A: une carence en vitamine A peut perturber la production d’hormones sexuelles. Cette vitamine favorise le bon fonctionnement des testicules et des ovaires, et donc l’équilibre hormonal à l’origine de la libido.
    • Vitamine E: elle possède des propriétés antioxydantes, favorise la santé vasculaire et tissulaire, et peut ainsi avoir un effet positif sur les performances sexuelles.
    • Vitamine C: cette vitamine améliore la fonction vasculaire ainsi que l’oxygénation des cellules, favorisant ainsi la régulation du stress et la production d’hormones.
    • Vitamine B (B6, B12, acide folique): elle joue un rôle essentiel dans la production d’énergie, le fonctionnement du système nerveux et les neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine). Une carence peut provoquer de la fatigue, de l’irritabilité et une baisse de la libido.
    • Zinc: cet oligo-élément est essentiel dans la production de testostérone et de spermatozoïdes. Il renforce également le système immunitaire.
    • Magnésium: il favorise la production d’hormones, le bon fonctionnement du système nerveux et la relaxation. Il peut également atténuer les réactions de stress dans l’organisme (notamment la sécrétion de cortisol) et ainsi stimuler indirectement le désir.

Le plus important: parlez ouvertement avec votre partenaire

La communication entre partenaires est essentielle pour une vie sexuelle épanouie. 

Mais cela pose souvent des difficultés: «Beaucoup de gens doivent d’abord apprendre à parler de leur ressenti et de leurs besoins sexuels», explique Stefanie Gonin-Spahni. La sexualité reste un sujet tabou sur lequel beaucoup ne reçoivent pas suffisamment d’informations, ni à la maison ni à l’école.

Il est important de savoir que l’intimité ne commence pas dans la chambre à coucher: elle naît d’un lien affectif, de l’estime qu’on nous porte, des gestes de tendresse au quotidien et du sentiment d’être vu-e par l’autre. «Chez de nombreuses personnes, ces facteurs sont importants pour que le désir sexuel puisse naître», précise l’experte.

Lorsque cette confiance intime est présente, les partenaires peuvent parler plus facilement et plus ouvertement du manque de désir, éviter les malentendus et réfléchir ensemble aux changements susceptibles de rétablir la proximité et le désir.

De plus, une communication franche et sans jugement réduit le stress et l’anxiété, ce qui crée un cadre propice au plaisir et à la détente.

Conseils: comment en parler?

Prenez le temps de discuter avec votre partenaire en évitant toute distraction et en prenant tout votre temps. Avant d’entamer la discussion, réfléchissez à ce dont vous souhaitez parler avec votre partenaire et à la manière dont vous souhaitez aborder le sujet.

  • Parlez à la première personne: exprimez votre point de vue. Par exemple: «Je sens que je n’ai pas vraiment envie d’avoir des rapports sexuels en ce moment, et j’aimerais en parler avec toi» au lieu de «Tu ne penses qu’au sexe et ça m’énerve».
  • Faites le point ensemble: cette discussion ne doit être ni un aveu ni une accusation, mais dresser un état des lieux mené conjointement, dans la perspective de se fixer un objectif commun et de prendre les mesures nécessaires pour y parvenir.
  • Écoutez activement et faites preuve de curiosité: laissez à votre interlocuteur le temps d’exposer son point de vue et interrompez-le le moins possible. Posez des questions ouvertes, comme: «Comment vis-tu notre vie sexuelle en ce moment?» De temps en temps, résumez ce que vous avez compris.
  • Définissez ensemble les prochaines étapes: réfléchissez aux changements réalistes que vous souhaitez mettre en pratique. Par exemple: une plus grande proximité sans aucune obligation, une réduction du stress, une répartition équitable des tâches quotidiennes, une consultation chez le médecin ou un-e thérapeute, des créneaux fixes consacrés au couple. 
  • Considérez la conversation comme un processus: ne vous attendez pas à ce qu’une seule discussion règle tous les problèmes. Les sexologues recommandent de considérer ces discussions comme des échanges réguliers. Vous pouvez, par exemple, vous retrouver une fois par mois pour faire le point et voir comment chaque partenaire se sent.

À quel professionnel de santé puis-je m’adresser?

Le premier point de contact est souvent le médecin de famille ou, pour les femmes, un-e gynécologue et, pour les hommes, un-e urologue. Ils peuvent rechercher les causes physiques ou psychologiques et, si nécessaire, vous orienter vers un-e autre spécialiste.

Cependant, les médecins, psychologues et psychothérapeutes ne sont pas, en soi, formés en matière de santé sexuelle. C’est pourquoi, dans la pratique, ils n’abordent souvent pas ce sujet de leur propre initiative», explique Stefanie Gonin-Spahni. 

Il faut donc faire preuve de persévérance ou consulter un-e psychologue sexologue ou un médecin spécialisé dans la santé sexuelle. Les services spécialisés dans la santé sexuelle proposent une première consultation accessible à tout le monde, confidentielle et souvent gratuite, sans devoir entreprendre de longues démarches. 

En Suisse, les cliniques universitaires et les grands hôpitaux cantonaux proposent des consultations de médecine sexuelle.

Quand une sexothérapie est-elle recommandée?

Une sexothérapie est indiquée lorsqu’une personne ne retire aucun plaisir de sa vie sexuelle et qu’elle ne sait pas pourquoi ni comment changer cette situation. Selon l’experte, les conseils en sexualité et une sexothérapie peuvent déboucher sur des processus d’apprentissage concrets.

Ils sont également recommandés lorsque les causes physiques ont été écartées ou traitées, mais que le problème persiste et que la dynamique de couple joue un rôle central. 

Une thérapie peut également s’avérer utile lorsque la sexualité est associée à un sentiment de honte, à une image négative de son corps, à des expériences traumatisantes, ou encore lorsqu’un cercle vicieux s’est installé (pression liée aux attentes, évitement et repli sur soi). 

«Il suffit généralement de quelques séances pour constater un changement positif, surtout lorsque l’apprentissage sexuel est au cœur de la thérapie», explique l’experte.

Quel soutien m’apporte ma caisse maladie?

L’assurance de base prend en charge les examens médicaux et la psychothérapie prescrits par un médecin. Les conseils en sexualité et la sexothérapie ne sont pas remboursés par l’assurance de base. Certaines assurances complémentaires y contribuent: vérifiez au préalable si vous pouvez bénéficier d’une prise en charge et, le cas échéant, à hauteur de quel montant.

Les assurances complémentaires assument généralement une partie des frais des prestations alternatives telles que l’acupuncture, la thérapie respiratoire, l’homéopathie ou la naturopathie.

Conclusion

Le désir se cultive. Pour cela, il faut faire preuve de curiosité pour mieux vous connaître et mieux connaître votre partenaire sur le plan intime, comprendre ce qui freine ou stimule le désir, exprimer ouvertement vos attentes concernant la vie sexuelle et lui faire savoir ce qui pourrait vous mettre mal à l’aise. 

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